Le jardin, lieu de créativité artistique et d’innovation

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Le jardin s’offre comme lieu de créativité et d’innovation, à travers le jeu des plantations, mais aussi de la représentation artistique. Le cheminement en extérieur facilite la découverte, et offre l’accès pour tous à des émerveillements de toutes natures.

Ainsi, le Musée d’art en plein air de Pedvale, Lettonie a été ouvert par le sculpteur Ojars Arvids Feldbergs en 1991 et est maintenant un monument historique d’Etat. Ses 100 hectares couverts de champs cultivés, prairies fleuries, collines, rivière et forêts sont un endroit idéal où les professionnels créatifs, – sculpteurs, peintres, graveurs, artistes – sont libres de s’exprimer et sont encouragés à tirer leur inspiration de la nature en utilisant des matériaux locaux. La collection permanente du musée comprend plus de 150 œuvres d’art qui ont été créées au cours des symposiums et des ateliers, ainsi qu’une présentation des œuvres de Ojars Feldbergs et des expositions temporaires d’artistes locaux et étrangers, avec un nouveau thème chaque année.

A une autre échelle, au Jardin des Plantes de la ville de Nantes, les installations artistiques de l’illustrateur Claude Ponti ont attiré près de 1 million de visiteurs, avec des créatures fantastiques tout droit sorties de l’imaginaire de l’artiste, qui invite le public à jouer avec toutes les œuvres et à faire tinter les Clochers-Pots, buller avec le Sous-fleur, faire parler Simone-la-voix-de-la-gare et finir en détente parmi les mille Cousspoussins… pour le plus grand plaisir des petits et des « grands enfants ».

 

Source : Geneviève Girod
L’Appouare vagabonde mirante, Claude Ponti, Jardin des Plantes, Nantes

Mais le parcours peut aussi faire appel à d’autres sens que l’approche visuelle. Pour Gilles Malatray, « Inviter des structures, des institutions et des publics, à explorer de nouveaux paysages sonores, parcourir la ville comme la campagne en considérant ces milieux comme de véritables espaces auriculaires esthétiques n’est pas un simple geste artistique. Aborder et raconter de nouveaux territoires d’écoute, c’est partager des lieux de vie par l’oreille, aménager de vraies et sincères relations humaines, entrevoir des approches écologiques, sociales, patrimoniales… C’est privilégier la diversité des approches, postures, façons de faire, d’entendre et de faire entendre collectivement. » Ses Points d’ouïe et paysages sonores partagés sont des leviers de valorisation d’espaces aussi beaux que fragiles, « à la constitution d’un ensemble de traces – outils, mis à la disposition de l’habitant, de l’artiste, du chercheur, de l’enseignant, du politique, de l’aménageur… (…) à la croisée des chemins d’écoute, là où les choses les plus incertaines, les plus fluctuantes, les plus passionnantes peuvent voir le jour. » (Gilles Malatray, Desartsonnants, 2016).

L’espace vert offre aussi des voies pour l’innovation. Dans la forêt de Mersey, une méthodologie innovante de cartographie géospatiale a permis de fournir une base factuelle sur laquelle développer et mettre en œuvre la politique locale. Les domaines clés pour accroître les interconnections du paysage boisé ont été identifiés afin de fournir une aide non seulement pour réduire la fragmentation de l’habitat, mais aussi pour proposer toute une gamme de services éco-systémiques, tels que :

  • la production de bois,
  • la régulation du climat,
  • la gestion de l’eau,
  • les loisirs et tourisme,
  • le bien-être,
  • l’éducation,
  • la culture.

En matière de recherche vers la résilience, en aidant à la conservation de la diversité génétique, ou en offrant un espace d’expérimentation, la Fondation SAVE est l’organisation européenne chapeau pour la sauvegarde de la diversité agricole. Sa mission est la conservation et la promotion de la diversité culturelle génétique. Un accent particulier est mis sur la survie des races menacées d’animaux d’élevage et des espèces de plantes cultivées. La maîtrise d’une bonne palette horticole et le maintien de variétés locales de fruits et de légumes, qui se démarqueraient d’une production standardisée, en valorisant l’adaptation au sol et climat locaux, et restant attractive pour la micro-faune est à ce tire un réel enjeu.

Ainsi, sur le Parc technologique Porte des Alpes, le Grand Lyon et l’entreprise Tarvel se sont associés avec les cuisines du Golden Tulip pour créer un potager aidant à la conservation des variétés anciennes lyonnaises. Les graines qui y sont cultivées sont, pour l’essentiel, celles de fruits et légumes presque disparues ou en voie d’extinction, originaires du territoire. Elles sont précieusement conservées par le Centre de Ressources de Botanique Appliquée de Lyon (CRBA), dans la continuité du programme intitulé « Fruits, légumes et fleurs du bassin lyonnais : un patrimoine culturel et biologique à connaître et à conserver », engagé par le laboratoire du CNRS « Ressources des terroirs – Cultures, usages, sociétés ». Un travail de mise en culture de variétés potagères locales préservées par le CRBA est également mené sur le Parc de Parilly pour les tomates, poivrons, melons, courges, basilic… Le CRBA, qui maintient également des variétés horticoles représentatives de la biodiversité domestique lyonnaise et gère la base de données Horti-Lyon, est par ailleurs implanté sur le Parc de Lacroix-Laval, qui cultive une partie des légumes patrimoniaux dans le potager du château, ainsi que de nombreux fruitiers. Un projet de coopération franco-russe est aujourd’hui engagé et supporté par la Fondation De Natura, pour soutenir l’institut Vavilov, plus ancienne banque de semences du monde qui sauvegarde vraisemblablement une partie de l’avenir alimentaire de l’humanité, dans ses missions pour enrichir la diversité végétale cultivée.

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Conservation de semences potagères locales au potager du parc technologique de Saint-Priest, en collaboration avec le CRBA – crédit photo: Direction logistique, patrimoine et bâtiment, Métropole de Lyon

S’il est parfois difficile de trouver le juste équilibre entre des jardins très horticoles et pauvres en biodiversité, et des friches de nature dont l’acceptabilité par le public est encore fragile, l’une des réponses peut passer par le soutien de la biodiversité domestique, qui contribue à la préservation du patrimoine végétal, horticole et nourricier des jardins publics, et qui se rattache à une histoire. La recherche de conceptions innovantes valorisant des mariages d’indigènes et d’horticoles, et la création de nouvelles synergies entre paysagistes et écologues peuvent permettre d’aller à la rencontre des parties prenantes, faisant appel à la perception, la sensation et l’émotion.

Cet article est extrait d’une présentation intitulé « Recoupler les composantes socio-culturelles et écologiques des espaces naturels urbains » destinée au colloque Services Eco-systémiques : apport et pertinence dans les milieux urbains, dont la présentation est disponible ici.

L’espace vert comme vecteur d’éducation

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Selon la Great London Authority, les espaces verts améliorent à long terme la performance éducative. Cela peut se traduire à plusieurs niveaux, non seulement du fait de l’existence même de l’espace qui permet un développement cognitif hamonieux, mais aussi à travers les pratiques éducatives mises en oeuvre par le gestionnaire.

Par exemple, dans la Forêt de Mersey, l’école forestière offre aux enfants un apprentissage et des voies d’exploration par le jeu en milieu naturel, avec l’acquisition de compétences pratiques élémentaires, leur permettant d’en apprendre davantage sur l’environnement dans un cadre boisé. Depuis 2009, les acteurs du projet ont travaillé avec les écoles et autres centres d’éducation locaux pour adapter les sites aux sessions scolaires en forêt, et proposent des programmes de formation accrédités, ainsi que la coordination des praticiens. Ces sessions pratiques contribuent également à alimenter une base de données de recherches sur l’expérience et les bénéfices de l’école forestière pour les élèves, les enseignants et les parents.

Une place importante d’un autre programme, Urbanbees, visant à faire découvrir les abeilles sauvages, est réservée aux actions de sensibilisation et de formation. Interventions scolaires, expositions, balades naturalistes, conférences, ateliers de construction de nichoirs et formations professionnelles ont été organisés pour faire découvrir les abeilles sauvages à un large public: enfants, citoyens, élus et professionnels (espaces verts et agriculteurs). Dans le cadre du programme Urbanbees, des cycles d’interventions en milieu scolaire sont programmés. Différentes actions sont porposées pour les élèves de cycle 3 et les collèges de la Métropole de Lyon ainsi que les lycées. Le programme propose en outre une collection de ressources destinées aux enseignants (dossiers pédagogiques et jeux).

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Découverte des abeilles sauvages, programme Urbanbees au Parc République, Meyzieu

Ils sont aussi vecteurs d’une imagerie féconde en matière d’apprentissage du langage. Dans l’aire détude estonnienne du programme HERCULES, une journée du patrimoine a été organisée autour du dialecte de Kodavere, avec la publication d’un abécédaire local.

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Présentation de l’abécédaire Kodavere Uavits lors des Journées du patrimoine 2015, photo Krista Karro, Vooremaa Kodavere, Case study landscape HERCULES programme

Sur une autre aire d’étude d’HERCULES, à Colmenar Viejo, les étudiants et scolaires de la commune ont participé à un atelier sur les paysages visuels et sonores, leur permettant d’apprendre la photographie paysagère et de pratiquer l’enregistrement d’ambiances sonores. Cette démarche artistique, les conduisant à expérimenter une nouvelle façon de regarder le paysage et d’exprimer leur relation avec l’environnement, a donné lieu à une exposition des photos et des enregistrements sonores, au cours de laquelle leurs parents ont réalisé l’importance du paysage dans la contribution au développement personnel de leurs enfants.

Ces quelques exemples sont autant d’éléments permettant d’illustrer comment le lien entre espaces verts et système éducatif contribue à renforcer :

  • l’attractivité du territoire par la valorisation du patrimoine,
  • la cohésion sociale par les échanges inter-générationnels,
  • le bien-être par la pratique d’activités éducatives de plein air,
  • l’apprentissage de l’usage responsable des ressources et de la préservation de l’environnement,
  • et la résilience par la transmission des connaissances aux générations à venir.
Cet article est extrait d’une présentation intitulé « Recoupler les composantes socio-culturelles et écologiques des espaces naturels urbains » destinée au colloque Services Eco-systémiques : apport et pertinence dans les milieux urbains, dont la présentation est disponible ici.

Vers une gouvernance partagée de la nature en ville

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L’Axe 3 du Plan Nature en ville vise à Promouvoir une culture et une gouvernance partagées de la nature en ville sur la base de 5 engagements :

  • Connaître la perception de la nature par les habitants
  • Développer les démarches d’information et de sensibilisation
  • Renforcer les compétences des professionnels sur la biodiversité
  • Constituer un centre de ressources sur la nature en ville
  • Favoriser la participation des citoyens aux projets d’espaces urbains de nature.

Une enquête réalisée au démarrage du projet HERCULES pour mieux cerner les besoins et attentes concernant les modes de gestion du paysage a été proposée en ligne sur l’outil Soorvey.com, diffusée sur les réseaux sociaux, et les réponses de 258 participants ont été enregistrées. Afin d’analyser les réponses apportées à la question ouverte « Quels sont vos principaux besoins et attentes au regard des enjeux de gestion du paysage ? », les terminologies ont été retranscrites à l’aide de la méthode d’étude des représentations sociales (Abric, 2003), et dans un nuage de mots où le mot ayant été évoqué le plus de fois apparait en plus gros. Une grande majorité des participants évoque la qualité de vie et le bien-être, particulièrement dans les villes, avec un désir d’harmonisation entre les espaces verts et les constructions. Les questions de la « connaissance » et de la « concertation » sont souvent apparues comme un besoin de renforcer l’implication des parties prenantes dans l’aménagement du cadre de vie, pour renforcer l’identité locale à travers la transmission de valeurs culturelles, héritages de l’existant. La gouvernance apparait ainsi au centre des préoccupations.

https://c1me.wordpress.com/2014/08/26/resultats-denquete-sur-la-perception-du-paysage/
Importance des enjeux de développement durable associés au patrimoine paysager – Source : Résultats d’enquête sur la perception du paysage

Dans la forêt de Mersey, par exemple, la consultation publique s’est étalée sur une longue période, et a permis de demander au public son ressenti sur les arbres et les forêts du Merseyside, les lieux où densifier les plantations d’arbres, et les endroits où améliorer la gestion forestière, pour un usage responsable des ressources. La campagne comprenait deux méthodes de marketing traditionnelles accompagnées d’une cartographie interactive innovante. Les informations recueillies ont fourni une base factuelle sur laquelle développer et mettre en œuvre la politique locale. Le travail a identifié des domaines clés pour accroître la connectivité du paysage boisé pour aider non seulement à réduire la fragmentation de l’habitat, mais aussi pour fournir toute une gamme de services écosystémiques.

La participation du public fait toutefois encore l’objet de débats entre la nécessiré d’établir des modes de gouvernance et celle d’affronter des résistances au changement portées par certains projets (Pautard, 2010, communication VAD). Une première réponse est apportée par le besoin identifié d’une « concertation permanente », non liée au projet (Table ronde PDD2, 2015), sur la base d’une mobilisation « favorisant une mise en dialogue des attentes individuelles, des intentions collectives, et des évolutions envisageables (et désirées) d’un territoire » (Y. Lazzeri, 2015, Paysage, développement durable, et participation citoyenne, recueil Biodiversité, paysage et cadre de vie, sous la direction d’Yves Luginbühl).

Typologie des interventions et modes dominants de participation (de l’information à la co-conception) - Source - Lazzeri et al
Typologie des interventions et modes dominants de participation (de l’information à la co-conception) – Source : Lazzeri et al.

Cette tendance est aujourd’hui illustrée dans le cas de microprojets locaux tels que les jardins partagés, ou ici à travers l’exemple des jardins de poche de Saint Priest. Ces jardins de poche sont des projets participatifs d’embellissement de la ville portant sur des espaces publics initialement « délaissés » et entretenus par des habitants volontaires, qui y plantent fleurs, arbustes, etc. Face à la demande des habitants d’espaces de nature, la ville de Saint-Priest a mis en place ces petits espaces publics (pieds d’arbre, coins de rue, etc.) que les habitants s’approprient pour les fleurir et les planter à leur goût. « Programme d’embellissement urbain, les jardins de poches sont également l‘occasion de créer des liens entre les habitants et avec la mairie, et de mieux faire respecter l’espace public par les habitants ». En novembre 2011, il y a eu 14 jardins de poche en fonctionnement et 12 en projet dans les différents quartiers de la ville : pieds d’arbre, devantures de maison, pieds d’immeuble, bords de trottoir, et autres espaces de quelques mètres carrés. La démarche a permis d’associer les Conseils de quartiers, l’Association Passe-jardin, et des accords et conventions ont été passés avec les différents copropriétaires / usagers / gestionnaires des sites. L’appropriation de la démarche par les habitants s’est appuyée sur une vingtaine de personnes mobilisée sur les 200 conseils de quartier invités, avec un fonctionnement pérenne aujourd’hui. Le projet a bénéficié aux habitants-jardiniers qui ont été formés auprès du service Espaces verts, au voisinage qui profite de l’amélioration du cadre de vie, aux techniciens avec la création de liens avec les habitants, et aux élus qui profitent de l’amélioration de l’image de la ville. Ce projet est inspiré, entre autre, de l’initiative « Green Street » de la ville de Vancouver. L’objectif est l’appropriation de cet espace public par les habitants, avec quelques interrogations au départ, les habitants se demandant si c’était bien leur rôle de faire les choix de jardinage pour la parcelle, pour aboutir à la création des liens entre les habitants, et garantir la convivialité et le respect des espaces publics, mais également pour améliorer le cadre de vie à coté de chez soi, et offrir aux habitants de nouveaux espaces de jardinage et de nature. L’adhésion à la démarche des techniciens de la ville, sous la forme de volontariat est l’une des clés de succès, avec l’enthousiasme des élus. La démarche s’incrit dans l’Axe 2 du Plan Nature en ville visant à développer les espaces de nature en quantité et en qualité, avec le développement d’ espaces de nature de proximité, et l’Axe 3 visant à Promouvoir une culture et une gouvernance partagées, en favorisant la participation des citoyens aux projets d’espaces urbains de nature. (source : DREAL Rhône-Alpes – Fiche action 4)

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Les jardins de poche de Saint Priest – Photo Service espaces verts de Saint Priest
Cet article est extrait d’une présentation intitulé « Recoupler les composantes socio-culturelles et écologiques des espaces naturels urbains » destinée au colloque Services Eco-systémiques : apport et pertinence dans les milieux urbains, dont la présentation est disponible ici.

Evaluer la biodiversité d’un patrimoine paysager

Testez notre indicateur de biodiversité fonctionnelle

PlançonRLa biodiversité est un sujet phare de nos sociétés où les enjeux liés aux paysages permettent de réfléchir à sa conservation à différentes échelles. Dans le cadre du programme européen HERCULES, ce travail visait la réalisation d’un indice parcellaire de biodiversité lié aux structures paysagères semi-naturelles. L’indice de biodiversité a été instauré sur la base de questions relatives à chaque élément du paysage. Ce travail est mis à disposition pour servir de base à des réflexions sur l’évaluation de la biodiversité fonctionnelle d’un patrimoine paysager.

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Génie végétal, génie écologique : le savoir-faire des experts du paysage et du végétal

logo agebioA l’initiative de l’UNEP, lAGéBio co-organise avec l’interprofession Val’horles colloques « Génie végétal, génie écologique : le savoir-faire des experts du paysage et du végétal« . Les actes de l’édition 2014, édité par la revue Horticulture & Paysage, sont disponibles en cliquant sur ce lien. Les actes de l’édition 2012 sont par ailleurs toujours disponibles sur le site de Val’Hor. Génie végétal Génie écologique : le savoir-faire des experts du végétal et du paysage.

Conception écologique d’un espace public paysager

Dans le prolongement des réflexions menées dans le cadre du label EcoJardinPlante & Cité édite un Guide méthodologique de conduite de projet sur la Conception écologique d’un espace public paysager, avec la volonté de présenter les enjeux d’une conception écologique sur l’ensemble de la démarche de conduite d’un projet d’espace public paysager, depuis les phases amont de diagnostic et de programmation, aux phases de conception et de réalisation du chantier, jusqu’aux phases de suivi, de gestion et d’animation du site.

L’objectif fixé par le guide est de concilier qualité de la réponse aux nombreux enjeux écologiques existants (sols, eau, biodiversité, pollutions, déchets) et qualité du paysage créé, en termes esthétique et d’usages, et ce, afin de dépasser le champ des seuls bienfaits des espaces publics paysagers pour la biodiversité et les équilibres naturels en vue d’intégrer également le champ des bienfaits pour l’homme.

Il est issu des échanges d’un groupe de travail rassemblant des personnes aux profils variés – paysagistes, écologues, experts techniques – issues des milieux de la maîtrise d’œuvre, de la maîtrise d’ouvrage, des entreprises et de la recherche.

Ainsi, sans présager d’un type de paysage produit, la prise en compte des enjeux écologiques et les réponses particulières proposées pour chaque site en fonction de ses caractéristiques et des usages souhaités, engendre une très grande diversité de paysages.

« La présence de la nature en ville fournit de nombreux bienfaits à ses habitants comme la contribution à l’amélioration de la santé humaine, le sentiment de bien-être ainsi que la préservation de la biodiversité, véritable « assurance vie des sociétés humaines ». En cela, il existe un réel enjeu autour de la conception des espaces publics paysagers qui forment ensemble une armature végétale partagée collectivement par les habitants et participe à l’identité de la Cité. » 

(Photo Parc San Vicens, labellisé Ecojardin en 2012)

Lien vers le guide

Résultats d’enquête sur la perception du paysage

Nombre de participants : 258

Date de début : 14 Avril 2014

Date de fin : 17 Mai 2014

Cette enquête visait à comprendre la perception des acteurs locaux sur leur paysage environnant afin de mieux cerner les besoins et attentes concernant les modes de gestion du paysage. Elle a été proposée en ligne sur l’outil Soorvey.com, et diffusée sur les réseaux sociaux. Les premières questions avaient pour objet de définir les typologies d’acteurs ayant répondu, ainsi que leurs interactions avec le paysage ses fonctions, et une première approche des menaces identifiées par les parties prenantes. La dernière question, ouverte, visait à recueillir les besoins, les attentes et les suggestions associées à la thématique paysagère.

nuage_mots_verbes_actionSur cette dernière question, beaucoup de participants suggèrent que de nouveaux modes de gestion sont nécessaires pour une meilleure prise en compte du paysage dans les aménagements des villages et des villes. Afin de traduire ceci, nous avons transcrit les terminologies dans un nuage de mots où le mot ayant été évoqué le plus de fois apparait en plus gros. L’analyse de la question ouverte a été explorée avec la méthode d’étude des représentations sociales (Abric, 2003) et semble montrer que les participants donnent de l’importance au respect et à la préservation de l’existant comme les éléments naturels du paysage et le patrimoine bâti. Une grande majorité d’entre eux évoque la qualité de vie et le bien-être, particulièrement dans les villes, avec un désir d’harmonisation entre les espaces verts et les constructions.

nuage_mots_sujetLa question urbaine est un item majeur dans notre enquête, certainement dû à la grande part des participants provenant du milieu urbain. L’agriculture focalise des attentes importantes, avec le développement de circuits courts particulièrement dans les zones périurbaines. Les questions de la « connaissance » et de la « concertation » sont souvent apparues comme un besoin de renforcer l’implication des parties prenantes dans l’aménagement du cadre de vie, pour renforcer l’identité locale à travers la transmission de valeurs culturelles, héritages de l’existant.

nuage_mots_negatifs_totalLe grand public souhaite être mieux informé. Les professionnels veulent être plus sollicités pour assister les élus et les propriétaires fonciers dans le cadre de l’aménagement du territoire. La création dans le cadre du programme d’une plate-forme d’échange et de transmission d’informations pour les professionnels et le grand public vise à répondre à ce besoin de connaissance et de concertation. Tous ces points sont détaillés ci-dessous en utilisant des thématiques liées aux enjeux de la gestion durable paysagère.

Gouvernance

La gouvernance apparait comme étant un enjeu crucial de la gestion paysagère. Le développement d’un nouvel outil ou concept pour l’aménagement du territoire impliquant les acteurs locaux et les professionnels est une demande forte. Celui-ci serait en lien direct avec les lois, réglementations et les projets d’aménagements en cours sur le territoire. L’économie est perçue comme un levier pour combiner les aspects sociaux et environnementaux. Une demande d’accompagnement des décideurs locaux par les professionnels du paysage est un souhait évoqué.

Enjeux climatiques et risques naturels

Le changement climatique est perçu négativement et est reconnu pour avoir des répercutions de plus en plus fréquentes sur notre environnement. L’adaptation des méthodes de gestion en fonction de ces changements climatiques et des risques naturels est demandée.

Energie et gaz à effet de serre

La transition aux énergies vertes et renouvelables est reconnue par les participants pour être plus viable économiquement et plus respectueuse de l’environnement. La lutte contre la pollution atmosphérique est mentionnée avec une compensation des « pollueurs » (plantation d’arbres,…).

Biodiversité et ressources

Le paysage est considéré comme étant une ressource pour la biodiversité essentielle pour maintenir les fonctionnalités des écosystèmes et assurer le contrôle naturel. Les participants sont sensibles à la perte des mosaïques paysagères et confirment que les paysages sont en perpétuelle évolution et dynamique. La connexion entre habitats naturels semble être essentielle pour les fonctions écologiques et sa préservation est particulièrement mentionnée pour maintenir également la diversité biologique.

Le deuxième enjeu fort est lié à la ressource alimentaire et notamment à l’agriculture intensive perçue comme une surexploitation de l’environnement. Les personnes vivant principalement dans un paysage urbain souhaitent instaurer un circuit court alimentaire (AMAP,…) et une agriculture en périphérie urbaine à l’image des jardins partagés.

Pollution

La pollution est mentionnée par les bruits, la laideur des panneaux publicitaires et l’utilisation des pesticides pour la gestion des végétaux. L’utilisation libre des pesticides devrait être à proscrire.

Urbanisation et nature en ville

L’urbanisation est vue comme une menace importante avec un manque d’harmonisation entre les aires naturels et les bâtiments. La « destruction », « l’éradication », la « transformation », le « manque de cohérence » sont des termes péjoratifs en lien avec l’urbanisation. La densification urbaine est une des solutions proposées.

Transports et infrastructures

La population est en attente de nouveaux modes de transports à l’intérieur et autour des villes avec l’utilisation de modes doux de transport (vélo,…). Les grandes infrastructures de transport (TGV, aéroports,…) sont considérées comme source de dommages pour l’environnement naturel.

Cohésion sociale et territoire

L’attachement au patrimoine naturel et culturel et au territoire local est fort. La notion d’identité est liée au territoire. La communication, l’information, la prise de conscience concernant le paysage et la biodiversité sont demandées. Celles-ci sont reconnues comme un réel besoin et un intérêt majeur de nos sociétés. Le paysage en lui- même est un lieu de loisir contenant une richesse historique et de connaissance traditionnelle et devrait être considérée d’intérêt général.

Bien-être humain

Le paysage est une source de bien-être et est perçu comme étant accueillant, plaisant, esthétique et comme un espace qualitatif. Il fait appel à la sensibilité et évoque une source de calme, de loisir bénéfique (la marche) et de relaxation.

Importance pour chaque catégorie

 

Le détail de l’enquête est disponible dans le fichier ci-dessous :

Résultats d’enquête sur la perception du paysage

La perception du paysage en Europe

Dans le cadre du programme européen HERCULES, nous cherchons à collecter des données sur les caractéristiques, la dynamique et les figures marquantes du patrimoine paysager européen. Ce travail s’inscrit dans le cadre de la Convention Européenne du Paysage, en place depuis 2000.

Nous vous proposons de consacrer 2 minutes de votre temps pour prendre part à cette enquête qui vise, dans une première approche, à recueillir votre perception du paysage local:

Accès à l’enquête

Merci.

HERCULES : Sustainable futures for Europe’s HERitage in CULtural landscapES/ Tools for understanding, managing, and protecting landscape functions and values

HERCULES project ‘Sustainable futures for Europe’s HERitage in CULtural landscapES

Ce projet a pour objectif de mieux comprendre les caractéristiques, les modèles spatiaux et la dynamique des paysages culturels de l’Europe dans afin de développer des outils de protection, gestion et planification durable du paysage.

Le projet s’inscrit dans un contexte où avec la montée en puissance des préoccupations environnementales, le paysage est devenu un enjeu social notable en Europe. En effet, au delà des approches de la biodiversité développées via l’écologie du paysage, les interactions entre paysage et développement durable sont très peu abordées (source Daniel Terrasson, Paysage et développement durable). Ainsi, tout en conservant une préoccupation forte autour des enjeux liés à la biodiversité, le projet s’ouvre à l’intégration des valeurs du paysage comme cadre de vie quotidien, support du patrimoine et de qualités esthétiques et récréatives, ainsi que comme une source de services écosystémiques fournis à la société.

Les paysages culturels subissent cependant des transformations rapides et critiques dans toute l’Europe, d’une part en raison d’une évolution de l’utilisation, de l’abandon des terres, et de l’exode rural, d’autre part via l’intensification de l’urbanisation. Jusqu’à présent, des nombreuses difficultés ont entravé la conception de réponses efficaces pour sauvegarder les valeurs des paysages culturels.

European cultural landscapes are valued as everyday living environment, countryside, heritage, scenery with aesthetic and recreational qualities and unique biodiversity, and as a source of ecosystem services that they provide to society. Cultural landscapes, however, are undergoing rapid and fundamental transformations across Europe, mainly as a result of an on-going polarization of land use, with abandonment and rural exodus on the one hand, and intensification and (peri-) urbanisation on the other. So far, substantial challenges have inhibited the design of effective responses to safeguard cultural landscape values.

HERCULES seeks to better understand the characteristics, spatial patterns, and dynamics in Europe’s cultural landscapes in order to develop tools to help protect, manage, and plan for sustainable landscapes.

LogoEuropeThis research project has received funding from the European Union’s Seventh Framework Programme under grant agreement number 603447, HERCULES, within the RTD activities of the Environment Thematic Priority.

More information on http://www.hercules-landscapes.eu/