Génie végétal, génie écologique : quelles solutions concrètes ?

logo agebioEchosPaysage organise une journée technique sur le thème :

« Génie végétal, génie écologique : quelles solutions concrètes ?

 le Jeudi 6 Juillet 2017 à Bourg-en-Bresse,

en collaboration avec l’AGéBio

Association Française pour le Génie Biologique ou Génie Végétal

Salle du Vox- 11 rue Paul Pioda
01000 Bourg-en-Bresse

Programme et inscription

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La nature source de bien-être

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Plusieurs études décrivent les vertus thérapeutiques de la biodiversité sur le psychisme des habitants, la présence du végétal agissant sur le bien-être psychologique et le comportement des citadins, avec une capacité particulière à rétablir la fatigue mentale, à réduire le stress, et favoriser la guérison dans les centres de soins. Devant l’inquiétude que peut générer, à l’inverse, la proliferation de certaines espèces, animales (pigeon, rat, etc) ou végétales (ex : ambroisie) une réponse peut justement être apportée par le maintien de la diversité, la complexité d’un écosystème, autrement dit la grande variabilité des espèces dans un milieu, étant un gage de bonne santé (Humanité et biodiversité, actes du colloque “Notre santé depend-elle de la biodiversité ?”, 2015).

Les animaux domestiques ont eux des effets positifs sur la santé des populations fragiles (enfants, malades, personnes âgées) et leur présence peut être encouragée dans les jardins. Le Parc de Parilly met ainsi à disposition des moutons nains de race Soay auprès de l’Institut départemental de l’enfance et de la famille (IDEF) voisin, pour favoriser le contact avec les enfants.

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Le mouton Soay à l’Institut départemental de l’enfance et de la famille de Parilly – photo: Direction Espaces Naturels, Parc de Parilly

D’après Frédéric Segur, l’histoire de la question de la santé dans les politiques nature et biodiversité des grandes villes françaises a été jalonnée par quatre principaux temps passant de l’équilibre ville/nature comme condition d’hygiène et de santé  (seconde moitié du 19e siècle), à une perte de valeur de la ville fonctionnelle du 20e siècle pour les sujets d’environnement, puis à la redécouverte des enjeux qui relient nature et santé par les collectivités à la fin du 20e siècle à travers la question des pesticides, et enfin un retour vers la reconnaissance des  fonctions  et  services  écosystémiques  rendus  par la  nature, qui annonce un renouvellement des valeurs du bien vivre en ville (Humanité et biodiversité, actes du colloque “Notre santé depend-elle de la biodiversité ?”, 2015, atelier D, annexe 1).

Des chercheurs de l’Université de Columbia ont constaté que les enfants qui vivent dans les rues bordées d’arbres ont des taux d’asthme inférieurs à la moyenne. En matière de santé mentale, les arbres et espaces verts améliorent la capacité de concentration et de récupération de la fatigue mentale, réduisent les occurrences d’agression et la violence domestique, et accélèrent le temps de récupération à la suite d’opérations (Schellenbaum Lovasi, 2008). La santé stimule également l’économie. Le coût annuel des soins s’évaluant à 2 milliards de livres pour la seule Région de Liverpool, la forêt représente un investissement vital à long terme pour la qualité de vie. Afin d’aider à réduire la « fracture sanitaire » entre riches et pauvres, avec un impact particulièrement fort sur la réduction des maladies cardiaques et accidents vasculaires cérébraux, la forêt de Mersey a développé avec succès des projets mettant l’accent sur les avantages pour la santé des forêts communautaires, comme par exemple, le programme ‘Natural Choices’ avec le Service national de santé de Liverpool. La mise en place d’une cartographie des ressources de la trame verte permet de cibler les usages dans les espaces où ils sont le plus nécessaires pour lutter contre les inégalités de santé. Par ailleurs, le programme supporte le développement du couvert arboré à proximité des hôpitaux et centres de soin, et un ‘Service de Santé Naturelle’ qui s’appuie sur :

  • La création de lien social à travers des activités transgénérationnelles,
  • La promotion des activités physiques et sportives sur cheminements modes doux,
  • La sollicitation de l’attention par des espaces de contemplation et d’inspiration,
  • Le développement intellectuel par l’éducation et les jeux,
  • Le don par l’organisation d’actions de volontariat (The Mersey Forest Plan, 2014).

 

Dans le même esprit, le Jardin de Soin de l’hôpital gériatrique des Charpennes associe, sur 1 200 m² en milieu urbain, différents espaces de motricité, de sensorialité et d‘animations en art thérapie intégrant le jardinage pour des patients souffrant de la maladie d‘Alzheimer ou de pathologies liées à l‘âge notamment les accidents vasculaires cérébraux (Jardin Art et Soins, 2013).

La pratique d’activités physiques en extérieur est également bénéfique pour la santé. Le parc de la Cerisaie, situé dans le 4e arrondissement de Lyon sur la Croix-Rousse, abrite la Villa Gillet, ancienne propriété de la famille des teinturiers sur soie Gillet, qui héberge des institutions culturelles. Outre la vocation de lieu culturel consacré à la pensée et aux arts contemporains de la villa, le parc accueille plusieurs aires de jeu ainsi que des équipements de musculation. C’est un lieu de pratique de parcours d’orientation, avec un projet pédagogique élaboré dans le cadre de la convention qui lie l’Education Nationale et la Ville de Lyon, et formalisé par les Educateurs Territoriaux des Activités Physiques et Sportives (ETAPS) du Service Animation Sportive pour leur intervention en Course d’Orientation (C.O.). Ce projet vise à développer un certain nombre de compétences telles que savoir prendre les informations, lire un plan ou une carte (ressources bio-informationnelles), se déplacer et géréer son effort (ressources bio-énergétiques), de façon à apprendre à faire les bons choix d’action pour ne pas se perdre et aller vite.

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Activités physiques et scolaires au Parc de la Cerisaie

En gestion écologique et entretenu sans produits phytosanitaires, le parc de la Cerisaie regroupe sur une même surface des massifs d’ornement au voisinage de la villa Gillet, ainsi que des zones très largement offertes à une gestion plus naturelle, ce qui contribue à sa richesse. Sur la zone gérée extensivement, un renouvellement de certains espaces a été effectué sur la base d’arbustes indigènes (noisetiers, amélanchiers, aubépines, sureaux, sorbiers, groseilliers…). Des souches et bois mort sont laissés en place de façon sécurisée, et les pratiques de débroussaillage et tonte différenciée permettent de préserver les strates herbacées en sous-bois et pied d’arbre.

Cet article est extrait d’une présentation intitulé « Recoupler les composantes socio-culturelles et écologiques des espaces naturels urbains » destinée au colloque Services Eco-systémiques : apport et pertinence dans les milieux urbains, dont la présentation est disponible ici.

Le jardin, lieu de créativité artistique et d’innovation

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Le jardin s’offre comme lieu de créativité et d’innovation, à travers le jeu des plantations, mais aussi de la représentation artistique. Le cheminement en extérieur facilite la découverte, et offre l’accès pour tous à des émerveillements de toutes natures.

Ainsi, le Musée d’art en plein air de Pedvale, Lettonie a été ouvert par le sculpteur Ojars Arvids Feldbergs en 1991 et est maintenant un monument historique d’Etat. Ses 100 hectares couverts de champs cultivés, prairies fleuries, collines, rivière et forêts sont un endroit idéal où les professionnels créatifs, – sculpteurs, peintres, graveurs, artistes – sont libres de s’exprimer et sont encouragés à tirer leur inspiration de la nature en utilisant des matériaux locaux. La collection permanente du musée comprend plus de 150 œuvres d’art qui ont été créées au cours des symposiums et des ateliers, ainsi qu’une présentation des œuvres de Ojars Feldbergs et des expositions temporaires d’artistes locaux et étrangers, avec un nouveau thème chaque année.

A une autre échelle, au Jardin des Plantes de la ville de Nantes, les installations artistiques de l’illustrateur Claude Ponti ont attiré près de 1 million de visiteurs, avec des créatures fantastiques tout droit sorties de l’imaginaire de l’artiste, qui invite le public à jouer avec toutes les œuvres et à faire tinter les Clochers-Pots, buller avec le Sous-fleur, faire parler Simone-la-voix-de-la-gare et finir en détente parmi les mille Cousspoussins… pour le plus grand plaisir des petits et des « grands enfants ».

 

Source : Geneviève Girod
L’Appouare vagabonde mirante, Claude Ponti, Jardin des Plantes, Nantes

Mais le parcours peut aussi faire appel à d’autres sens que l’approche visuelle. Pour Gilles Malatray, « Inviter des structures, des institutions et des publics, à explorer de nouveaux paysages sonores, parcourir la ville comme la campagne en considérant ces milieux comme de véritables espaces auriculaires esthétiques n’est pas un simple geste artistique. Aborder et raconter de nouveaux territoires d’écoute, c’est partager des lieux de vie par l’oreille, aménager de vraies et sincères relations humaines, entrevoir des approches écologiques, sociales, patrimoniales… C’est privilégier la diversité des approches, postures, façons de faire, d’entendre et de faire entendre collectivement. » Ses Points d’ouïe et paysages sonores partagés sont des leviers de valorisation d’espaces aussi beaux que fragiles, « à la constitution d’un ensemble de traces – outils, mis à la disposition de l’habitant, de l’artiste, du chercheur, de l’enseignant, du politique, de l’aménageur… (…) à la croisée des chemins d’écoute, là où les choses les plus incertaines, les plus fluctuantes, les plus passionnantes peuvent voir le jour. » (Gilles Malatray, Desartsonnants, 2016).

L’espace vert offre aussi des voies pour l’innovation. Dans la forêt de Mersey, une méthodologie innovante de cartographie géospatiale a permis de fournir une base factuelle sur laquelle développer et mettre en œuvre la politique locale. Les domaines clés pour accroître les interconnections du paysage boisé ont été identifiés afin de fournir une aide non seulement pour réduire la fragmentation de l’habitat, mais aussi pour proposer toute une gamme de services éco-systémiques, tels que :

  • la production de bois,
  • la régulation du climat,
  • la gestion de l’eau,
  • les loisirs et tourisme,
  • le bien-être,
  • l’éducation,
  • la culture.

En matière de recherche vers la résilience, en aidant à la conservation de la diversité génétique, ou en offrant un espace d’expérimentation, la Fondation SAVE est l’organisation européenne chapeau pour la sauvegarde de la diversité agricole. Sa mission est la conservation et la promotion de la diversité culturelle génétique. Un accent particulier est mis sur la survie des races menacées d’animaux d’élevage et des espèces de plantes cultivées. La maîtrise d’une bonne palette horticole et le maintien de variétés locales de fruits et de légumes, qui se démarqueraient d’une production standardisée, en valorisant l’adaptation au sol et climat locaux, et restant attractive pour la micro-faune est à ce tire un réel enjeu.

Ainsi, sur le Parc technologique Porte des Alpes, le Grand Lyon et l’entreprise Tarvel se sont associés avec les cuisines du Golden Tulip pour créer un potager aidant à la conservation des variétés anciennes lyonnaises. Les graines qui y sont cultivées sont, pour l’essentiel, celles de fruits et légumes presque disparues ou en voie d’extinction, originaires du territoire. Elles sont précieusement conservées par le Centre de Ressources de Botanique Appliquée de Lyon (CRBA), dans la continuité du programme intitulé « Fruits, légumes et fleurs du bassin lyonnais : un patrimoine culturel et biologique à connaître et à conserver », engagé par le laboratoire du CNRS « Ressources des terroirs – Cultures, usages, sociétés ». Un travail de mise en culture de variétés potagères locales préservées par le CRBA est également mené sur le Parc de Parilly pour les tomates, poivrons, melons, courges, basilic… Le CRBA, qui maintient également des variétés horticoles représentatives de la biodiversité domestique lyonnaise et gère la base de données Horti-Lyon, est par ailleurs implanté sur le Parc de Lacroix-Laval, qui cultive une partie des légumes patrimoniaux dans le potager du château, ainsi que de nombreux fruitiers. Un projet de coopération franco-russe est aujourd’hui engagé et supporté par la Fondation De Natura, pour soutenir l’institut Vavilov, plus ancienne banque de semences du monde qui sauvegarde vraisemblablement une partie de l’avenir alimentaire de l’humanité, dans ses missions pour enrichir la diversité végétale cultivée.

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Conservation de semences potagères locales au potager du parc technologique de Saint-Priest, en collaboration avec le CRBA – crédit photo: Direction logistique, patrimoine et bâtiment, Métropole de Lyon

S’il est parfois difficile de trouver le juste équilibre entre des jardins très horticoles et pauvres en biodiversité, et des friches de nature dont l’acceptabilité par le public est encore fragile, l’une des réponses peut passer par le soutien de la biodiversité domestique, qui contribue à la préservation du patrimoine végétal, horticole et nourricier des jardins publics, et qui se rattache à une histoire. La recherche de conceptions innovantes valorisant des mariages d’indigènes et d’horticoles, et la création de nouvelles synergies entre paysagistes et écologues peuvent permettre d’aller à la rencontre des parties prenantes, faisant appel à la perception, la sensation et l’émotion.

Cet article est extrait d’une présentation intitulé « Recoupler les composantes socio-culturelles et écologiques des espaces naturels urbains » destinée au colloque Services Eco-systémiques : apport et pertinence dans les milieux urbains, dont la présentation est disponible ici.

L’espace vert comme vecteur d’éducation

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Selon la Great London Authority, les espaces verts améliorent à long terme la performance éducative. Cela peut se traduire à plusieurs niveaux, non seulement du fait de l’existence même de l’espace qui permet un développement cognitif hamonieux, mais aussi à travers les pratiques éducatives mises en oeuvre par le gestionnaire.

Par exemple, dans la Forêt de Mersey, l’école forestière offre aux enfants un apprentissage et des voies d’exploration par le jeu en milieu naturel, avec l’acquisition de compétences pratiques élémentaires, leur permettant d’en apprendre davantage sur l’environnement dans un cadre boisé. Depuis 2009, les acteurs du projet ont travaillé avec les écoles et autres centres d’éducation locaux pour adapter les sites aux sessions scolaires en forêt, et proposent des programmes de formation accrédités, ainsi que la coordination des praticiens. Ces sessions pratiques contribuent également à alimenter une base de données de recherches sur l’expérience et les bénéfices de l’école forestière pour les élèves, les enseignants et les parents.

Une place importante d’un autre programme, Urbanbees, visant à faire découvrir les abeilles sauvages, est réservée aux actions de sensibilisation et de formation. Interventions scolaires, expositions, balades naturalistes, conférences, ateliers de construction de nichoirs et formations professionnelles ont été organisés pour faire découvrir les abeilles sauvages à un large public: enfants, citoyens, élus et professionnels (espaces verts et agriculteurs). Dans le cadre du programme Urbanbees, des cycles d’interventions en milieu scolaire sont programmés. Différentes actions sont porposées pour les élèves de cycle 3 et les collèges de la Métropole de Lyon ainsi que les lycées. Le programme propose en outre une collection de ressources destinées aux enseignants (dossiers pédagogiques et jeux).

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Découverte des abeilles sauvages, programme Urbanbees au Parc République, Meyzieu

Ils sont aussi vecteurs d’une imagerie féconde en matière d’apprentissage du langage. Dans l’aire détude estonnienne du programme HERCULES, une journée du patrimoine a été organisée autour du dialecte de Kodavere, avec la publication d’un abécédaire local.

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Présentation de l’abécédaire Kodavere Uavits lors des Journées du patrimoine 2015, photo Krista Karro, Vooremaa Kodavere, Case study landscape HERCULES programme

Sur une autre aire d’étude d’HERCULES, à Colmenar Viejo, les étudiants et scolaires de la commune ont participé à un atelier sur les paysages visuels et sonores, leur permettant d’apprendre la photographie paysagère et de pratiquer l’enregistrement d’ambiances sonores. Cette démarche artistique, les conduisant à expérimenter une nouvelle façon de regarder le paysage et d’exprimer leur relation avec l’environnement, a donné lieu à une exposition des photos et des enregistrements sonores, au cours de laquelle leurs parents ont réalisé l’importance du paysage dans la contribution au développement personnel de leurs enfants.

Ces quelques exemples sont autant d’éléments permettant d’illustrer comment le lien entre espaces verts et système éducatif contribue à renforcer :

  • l’attractivité du territoire par la valorisation du patrimoine,
  • la cohésion sociale par les échanges inter-générationnels,
  • le bien-être par la pratique d’activités éducatives de plein air,
  • l’apprentissage de l’usage responsable des ressources et de la préservation de l’environnement,
  • et la résilience par la transmission des connaissances aux générations à venir.
Cet article est extrait d’une présentation intitulé « Recoupler les composantes socio-culturelles et écologiques des espaces naturels urbains » destinée au colloque Services Eco-systémiques : apport et pertinence dans les milieux urbains, dont la présentation est disponible ici.

Vers une gouvernance partagée de la nature en ville

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L’Axe 3 du Plan Nature en ville vise à Promouvoir une culture et une gouvernance partagées de la nature en ville sur la base de 5 engagements :

  • Connaître la perception de la nature par les habitants
  • Développer les démarches d’information et de sensibilisation
  • Renforcer les compétences des professionnels sur la biodiversité
  • Constituer un centre de ressources sur la nature en ville
  • Favoriser la participation des citoyens aux projets d’espaces urbains de nature.

Une enquête réalisée au démarrage du projet HERCULES pour mieux cerner les besoins et attentes concernant les modes de gestion du paysage a été proposée en ligne sur l’outil Soorvey.com, diffusée sur les réseaux sociaux, et les réponses de 258 participants ont été enregistrées. Afin d’analyser les réponses apportées à la question ouverte « Quels sont vos principaux besoins et attentes au regard des enjeux de gestion du paysage ? », les terminologies ont été retranscrites à l’aide de la méthode d’étude des représentations sociales (Abric, 2003), et dans un nuage de mots où le mot ayant été évoqué le plus de fois apparait en plus gros. Une grande majorité des participants évoque la qualité de vie et le bien-être, particulièrement dans les villes, avec un désir d’harmonisation entre les espaces verts et les constructions. Les questions de la « connaissance » et de la « concertation » sont souvent apparues comme un besoin de renforcer l’implication des parties prenantes dans l’aménagement du cadre de vie, pour renforcer l’identité locale à travers la transmission de valeurs culturelles, héritages de l’existant. La gouvernance apparait ainsi au centre des préoccupations.

https://c1me.wordpress.com/2014/08/26/resultats-denquete-sur-la-perception-du-paysage/
Importance des enjeux de développement durable associés au patrimoine paysager – Source : Résultats d’enquête sur la perception du paysage

Dans la forêt de Mersey, par exemple, la consultation publique s’est étalée sur une longue période, et a permis de demander au public son ressenti sur les arbres et les forêts du Merseyside, les lieux où densifier les plantations d’arbres, et les endroits où améliorer la gestion forestière, pour un usage responsable des ressources. La campagne comprenait deux méthodes de marketing traditionnelles accompagnées d’une cartographie interactive innovante. Les informations recueillies ont fourni une base factuelle sur laquelle développer et mettre en œuvre la politique locale. Le travail a identifié des domaines clés pour accroître la connectivité du paysage boisé pour aider non seulement à réduire la fragmentation de l’habitat, mais aussi pour fournir toute une gamme de services écosystémiques.

La participation du public fait toutefois encore l’objet de débats entre la nécessiré d’établir des modes de gouvernance et celle d’affronter des résistances au changement portées par certains projets (Pautard, 2010, communication VAD). Une première réponse est apportée par le besoin identifié d’une « concertation permanente », non liée au projet (Table ronde PDD2, 2015), sur la base d’une mobilisation « favorisant une mise en dialogue des attentes individuelles, des intentions collectives, et des évolutions envisageables (et désirées) d’un territoire » (Y. Lazzeri, 2015, Paysage, développement durable, et participation citoyenne, recueil Biodiversité, paysage et cadre de vie, sous la direction d’Yves Luginbühl).

Typologie des interventions et modes dominants de participation (de l’information à la co-conception) - Source - Lazzeri et al
Typologie des interventions et modes dominants de participation (de l’information à la co-conception) – Source : Lazzeri et al.

Cette tendance est aujourd’hui illustrée dans le cas de microprojets locaux tels que les jardins partagés, ou ici à travers l’exemple des jardins de poche de Saint Priest. Ces jardins de poche sont des projets participatifs d’embellissement de la ville portant sur des espaces publics initialement « délaissés » et entretenus par des habitants volontaires, qui y plantent fleurs, arbustes, etc. Face à la demande des habitants d’espaces de nature, la ville de Saint-Priest a mis en place ces petits espaces publics (pieds d’arbre, coins de rue, etc.) que les habitants s’approprient pour les fleurir et les planter à leur goût. « Programme d’embellissement urbain, les jardins de poches sont également l‘occasion de créer des liens entre les habitants et avec la mairie, et de mieux faire respecter l’espace public par les habitants ». En novembre 2011, il y a eu 14 jardins de poche en fonctionnement et 12 en projet dans les différents quartiers de la ville : pieds d’arbre, devantures de maison, pieds d’immeuble, bords de trottoir, et autres espaces de quelques mètres carrés. La démarche a permis d’associer les Conseils de quartiers, l’Association Passe-jardin, et des accords et conventions ont été passés avec les différents copropriétaires / usagers / gestionnaires des sites. L’appropriation de la démarche par les habitants s’est appuyée sur une vingtaine de personnes mobilisée sur les 200 conseils de quartier invités, avec un fonctionnement pérenne aujourd’hui. Le projet a bénéficié aux habitants-jardiniers qui ont été formés auprès du service Espaces verts, au voisinage qui profite de l’amélioration du cadre de vie, aux techniciens avec la création de liens avec les habitants, et aux élus qui profitent de l’amélioration de l’image de la ville. Ce projet est inspiré, entre autre, de l’initiative « Green Street » de la ville de Vancouver. L’objectif est l’appropriation de cet espace public par les habitants, avec quelques interrogations au départ, les habitants se demandant si c’était bien leur rôle de faire les choix de jardinage pour la parcelle, pour aboutir à la création des liens entre les habitants, et garantir la convivialité et le respect des espaces publics, mais également pour améliorer le cadre de vie à coté de chez soi, et offrir aux habitants de nouveaux espaces de jardinage et de nature. L’adhésion à la démarche des techniciens de la ville, sous la forme de volontariat est l’une des clés de succès, avec l’enthousiasme des élus. La démarche s’incrit dans l’Axe 2 du Plan Nature en ville visant à développer les espaces de nature en quantité et en qualité, avec le développement d’ espaces de nature de proximité, et l’Axe 3 visant à Promouvoir une culture et une gouvernance partagées, en favorisant la participation des citoyens aux projets d’espaces urbains de nature. (source : DREAL Rhône-Alpes – Fiche action 4)

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Les jardins de poche de Saint Priest – Photo Service espaces verts de Saint Priest
Cet article est extrait d’une présentation intitulé « Recoupler les composantes socio-culturelles et écologiques des espaces naturels urbains » destinée au colloque Services Eco-systémiques : apport et pertinence dans les milieux urbains, dont la présentation est disponible ici.

Evaluer la biodiversité d’un patrimoine paysager

Testez notre indicateur de biodiversité fonctionnelle

PlançonRLa biodiversité est un sujet phare de nos sociétés où les enjeux liés aux paysages permettent de réfléchir à sa conservation à différentes échelles. Dans le cadre du programme européen HERCULES, ce travail visait la réalisation d’un indice parcellaire de biodiversité lié aux structures paysagères semi-naturelles. L’indice de biodiversité a été instauré sur la base de questions relatives à chaque élément du paysage. Ce travail est mis à disposition pour servir de base à des réflexions sur l’évaluation de la biodiversité fonctionnelle d’un patrimoine paysager.

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Développer les circuits courts : un label et une marque au service du territoire

Développer les circuits courts: un label et une marque au service du territoireLes Saveurs du Grand Parc est une démarche qui encourage producteurs, distributeurs, transformateurs et consommateurs à privilégier les produits bio et locaux.
L’atelier est organisé avec le programme européen HERCULES, qui cherche à valoriser le patrimoine et les savoir-faire locaux comme facteur clé de l’aménagement durable du territoire. Il s’inscrit dans un travail visant à promouvoir des politiques de gestion responsables via les outils développés sur les six aires d’études européennes, dont fait partie le Grand Parc. Les enjeux abordés ici sont notamment d’explorer les moyens mis en oeuvre par la collectivité pour encourager la production et/ou la consommation locale, tout en renforçant l’attractivité du territoire.
Par ailleurs, dans le cadre de la démarche Grand Parc 2030, le SYMALIM invite ses élus et partenaires à réfléchir sur les orientations stratégiques pour l’avenir. Cet atelier s’inscrit dans cet objectif afin de nourrir la future Charte des espaces naturels et agricoles.

Génie végétal et ingénierie végétale : compétences, réglementation et bénéfices

Génie végétal et ingénierie végétale : compétences, réglementation et bénéfices Soil and water bioengineering: skills, regulations and benefits

Le génie végétal, ou génie biologique, désigne la mise en œuvre des techniques utilisant les végétaux et leurs propriétés mécaniques et/ou biologiques pour le contrôle de l’érosion des sols, la restauration de milieux dégradés et la dépollution des sols et des eaux pollués. L’ingénierie végétale désigne la conception des projets d’application du génie végétal ou génie biologique. Aujourd’hui, la filière de ces deux domaines est en plein essor, en particulier en France et en Europe, où le cadre réglementaire (notamment la Directive cadre européenne sur l’eau) a instauré la nécessité de mettre en œuvre des techniques douces pour lutter contre l’érosion des sols et pour restaurer les milieux dégradés en général. Depuis peu, les acteurs de cette filière se structurent pour mieux se connaître et mettre leurs compétences en synergie. Les questionnements de la sphère scientifique permettent en particulier de mieux identifier les bénéfices que les milieux naturels et les populations retirent des actions par et/ou pour le vivant. Ainsi, tous expriment leurs besoins de compétences et de savoir-faire, de connaissances et de données scientifiques, ainsi que de formation tant initiale que continue. C’est sur l’ensemble de ces points que le colloque souhaiterait faire le point et proposer des avancées…

Soil and water bioengineering: skills, regulations and benefits

Soil and water bioengineering represents the implementation of techniques using plants and their mechanical and / or biological properties for soil erosion control, restoration of degraded environments and remediation of polluted soil and water. Engineering refers to the design of projects for the implementation of bioengineering. Today, the sector of these two areas is developing, particularly in France and in Europe, where the regulatory framework (including the European Water Framework Directive) introduced the need to implement soft techniques for soil erosion control and to restore degraded environments. Recently, stakeholders in this sector have been aiming at improving their knowledge and using their synergy skills. Questions posed in the scientific sphere allow a better identification of the benefits that natural populations provide, and the influence of man on the environment. Therefore we need to unite our skills and expertise, knowledge and science, as well as training. The conference will focus on these points and provide advanced discussion and debate…
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Génie végétal, génie écologique : le savoir-faire des experts du paysage et du végétal

logo agebioA l’initiative de l’UNEP, lAGéBio co-organise avec l’interprofession Val’horles colloques « Génie végétal, génie écologique : le savoir-faire des experts du paysage et du végétal« . Les actes de l’édition 2014, édité par la revue Horticulture & Paysage, sont disponibles en cliquant sur ce lien. Les actes de l’édition 2012 sont par ailleurs toujours disponibles sur le site de Val’Hor. Génie végétal Génie écologique : le savoir-faire des experts du végétal et du paysage.