La nature source de bien-être

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Plusieurs études décrivent les vertus thérapeutiques de la biodiversité sur le psychisme des habitants, la présence du végétal agissant sur le bien-être psychologique et le comportement des citadins, avec une capacité particulière à rétablir la fatigue mentale, à réduire le stress, et favoriser la guérison dans les centres de soins. Devant l’inquiétude que peut générer, à l’inverse, la proliferation de certaines espèces, animales (pigeon, rat, etc) ou végétales (ex : ambroisie) une réponse peut justement être apportée par le maintien de la diversité, la complexité d’un écosystème, autrement dit la grande variabilité des espèces dans un milieu, étant un gage de bonne santé (Humanité et biodiversité, actes du colloque “Notre santé depend-elle de la biodiversité ?”, 2015).

Les animaux domestiques ont eux des effets positifs sur la santé des populations fragiles (enfants, malades, personnes âgées) et leur présence peut être encouragée dans les jardins. Le Parc de Parilly met ainsi à disposition des moutons nains de race Soay auprès de l’Institut départemental de l’enfance et de la famille (IDEF) voisin, pour favoriser le contact avec les enfants.

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Le mouton Soay à l’Institut départemental de l’enfance et de la famille de Parilly – photo: Direction Espaces Naturels, Parc de Parilly

D’après Frédéric Segur, l’histoire de la question de la santé dans les politiques nature et biodiversité des grandes villes françaises a été jalonnée par quatre principaux temps passant de l’équilibre ville/nature comme condition d’hygiène et de santé  (seconde moitié du 19e siècle), à une perte de valeur de la ville fonctionnelle du 20e siècle pour les sujets d’environnement, puis à la redécouverte des enjeux qui relient nature et santé par les collectivités à la fin du 20e siècle à travers la question des pesticides, et enfin un retour vers la reconnaissance des  fonctions  et  services  écosystémiques  rendus  par la  nature, qui annonce un renouvellement des valeurs du bien vivre en ville (Humanité et biodiversité, actes du colloque “Notre santé depend-elle de la biodiversité ?”, 2015, atelier D, annexe 1).

Des chercheurs de l’Université de Columbia ont constaté que les enfants qui vivent dans les rues bordées d’arbres ont des taux d’asthme inférieurs à la moyenne. En matière de santé mentale, les arbres et espaces verts améliorent la capacité de concentration et de récupération de la fatigue mentale, réduisent les occurrences d’agression et la violence domestique, et accélèrent le temps de récupération à la suite d’opérations (Schellenbaum Lovasi, 2008). La santé stimule également l’économie. Le coût annuel des soins s’évaluant à 2 milliards de livres pour la seule Région de Liverpool, la forêt représente un investissement vital à long terme pour la qualité de vie. Afin d’aider à réduire la « fracture sanitaire » entre riches et pauvres, avec un impact particulièrement fort sur la réduction des maladies cardiaques et accidents vasculaires cérébraux, la forêt de Mersey a développé avec succès des projets mettant l’accent sur les avantages pour la santé des forêts communautaires, comme par exemple, le programme ‘Natural Choices’ avec le Service national de santé de Liverpool. La mise en place d’une cartographie des ressources de la trame verte permet de cibler les usages dans les espaces où ils sont le plus nécessaires pour lutter contre les inégalités de santé. Par ailleurs, le programme supporte le développement du couvert arboré à proximité des hôpitaux et centres de soin, et un ‘Service de Santé Naturelle’ qui s’appuie sur :

  • La création de lien social à travers des activités transgénérationnelles,
  • La promotion des activités physiques et sportives sur cheminements modes doux,
  • La sollicitation de l’attention par des espaces de contemplation et d’inspiration,
  • Le développement intellectuel par l’éducation et les jeux,
  • Le don par l’organisation d’actions de volontariat (The Mersey Forest Plan, 2014).

 

Dans le même esprit, le Jardin de Soin de l’hôpital gériatrique des Charpennes associe, sur 1 200 m² en milieu urbain, différents espaces de motricité, de sensorialité et d‘animations en art thérapie intégrant le jardinage pour des patients souffrant de la maladie d‘Alzheimer ou de pathologies liées à l‘âge notamment les accidents vasculaires cérébraux (Jardin Art et Soins, 2013).

La pratique d’activités physiques en extérieur est également bénéfique pour la santé. Le parc de la Cerisaie, situé dans le 4e arrondissement de Lyon sur la Croix-Rousse, abrite la Villa Gillet, ancienne propriété de la famille des teinturiers sur soie Gillet, qui héberge des institutions culturelles. Outre la vocation de lieu culturel consacré à la pensée et aux arts contemporains de la villa, le parc accueille plusieurs aires de jeu ainsi que des équipements de musculation. C’est un lieu de pratique de parcours d’orientation, avec un projet pédagogique élaboré dans le cadre de la convention qui lie l’Education Nationale et la Ville de Lyon, et formalisé par les Educateurs Territoriaux des Activités Physiques et Sportives (ETAPS) du Service Animation Sportive pour leur intervention en Course d’Orientation (C.O.). Ce projet vise à développer un certain nombre de compétences telles que savoir prendre les informations, lire un plan ou une carte (ressources bio-informationnelles), se déplacer et géréer son effort (ressources bio-énergétiques), de façon à apprendre à faire les bons choix d’action pour ne pas se perdre et aller vite.

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Activités physiques et scolaires au Parc de la Cerisaie

En gestion écologique et entretenu sans produits phytosanitaires, le parc de la Cerisaie regroupe sur une même surface des massifs d’ornement au voisinage de la villa Gillet, ainsi que des zones très largement offertes à une gestion plus naturelle, ce qui contribue à sa richesse. Sur la zone gérée extensivement, un renouvellement de certains espaces a été effectué sur la base d’arbustes indigènes (noisetiers, amélanchiers, aubépines, sureaux, sorbiers, groseilliers…). Des souches et bois mort sont laissés en place de façon sécurisée, et les pratiques de débroussaillage et tonte différenciée permettent de préserver les strates herbacées en sous-bois et pied d’arbre.

Cet article est extrait d’une présentation intitulé « Recoupler les composantes socio-culturelles et écologiques des espaces naturels urbains » destinée au colloque Services Eco-systémiques : apport et pertinence dans les milieux urbains, dont la présentation est disponible ici.

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Une réflexion sur “La nature source de bien-être

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